Droit pénal : Condamnation à 20 ans de réclusion criminelle pour viols en série sous soumission chimique
Le 16 janvier 2026, la Cour criminelle des Bouches-du-Rhône a rendu son verdict dans l’affaire Cyril Zattara, condamnant l’accusé à la peine de 20 ans de réclusion criminelle pour les viols aggravés de quatorze femmes sous soumission chimique, commis entre 2010 et 2021.
Me Dorine Sekly-Livrati, avocate de la défense, a assuré la représentation de l’accusé lors de ce procès qui s’est tenu à huis clos devant la juridiction d’Aix-en-Provence.
Cyril Zattara, professeur de danse rock et autoproclamé « hypnothérapeute », était poursuivi pour avoir administré un puissant hypnotique (Zolpidem) à des femmes de son entourage, amies, compagnes, élèves de son cours de danse, avant de les violer et de filmer certaines à leur insu.
L’accusé a été reconnu coupable de l’ensemble des faits qui lui étaient reprochés :
- Viols aggravés sur quatorze victimes avec administration de substance nuisible
- Atteintes à la vie privée par captation d’images sans consentement
- Soumission chimique d’autres victimes
La cour criminelle a également retenu le caractère sériel des crimes, une reconnaissance importante pour les parties civiles bien que non prévue explicitement par la législation actuelle.
Une Démarche de Repentir Authentique
Durant l’instruction et le procès, Cyril Zattara a manifesté une démarche de repentance en confirmant ses aveux pour onze des quatorze parties civiles. Il est allé plus loin en livrant spontanément à la cour les noms d’une quinzaine de nouvelles victimes, dont quatre auraient été violées.
Le président de la cour, Roger Arata, a acté ces nouveaux aveux, et le parquet d’Aix-en-Provence devrait ouvrir prochainement une nouvelle instruction.
La Stratégie de Défense : Comprendre pour Mieux Juger
Me Dorine Sekly-Livrati a développé une plaidoirie centrée sur la compréhension de la personnalité complexe de son client, plongeant dans les racines d’une enfance carencée, « sujet d’un dressage plus que d’une éducation ».
L’avocate a explicité le mécanisme psychologique ayant conduit aux passages à l’acte : nourri à la pornographie et aux mangas hentaï glorifiant la culture du viol, « le passage à l’acte lui permettait de dominer, de retrouver une toute-puissance, de passer du soumis au dominant ».
La demande de la défense portait principalement sur l’écartement de la mesure de sûreté des deux-tiers requise par l’accusation, afin de prendre en compte l’évolution de l’accusé et sa coopération avec la justice.
La Peine Prononcée
La cour criminelle a prononcé :
- 20 ans de réclusion criminelle (peine maximale)
- Mesure de sûreté aux deux-tiers de la peine
- Suivi socio-judiciaire de 10 ans après libération
- Obligation de soins
- Interdiction d’exercer l’hypnothérapie et d’enseigner la danse en milieu associatif
- En cas de non-respect des obligations : 5 ans de réclusion supplémentaire
La cour n’a pas retenu la mesure de rétention de sûreté demandée par l’avocat général, qui aurait permis un réexamen de la situation de l’accusé en vue d’une possible détention au-delà de sa peine.
L'engagement du cabinet Sekly Livrati
Le Cabinet Dorine Sekly-Livrati réaffirme son engagement à assurer la défense de tous les justiciables, quelle que soit la gravité des faits reprochés, dans le respect des principes fondamentaux du procès équitable et des droits de la défense.
Chaque dossier pénal exige une compréhension approfondie de la personnalité de l’accusé, de son parcours et des mécanismes qui ont conduit aux faits. Cette approche humaniste n’exonère pas de responsabilité, mais permet à la justice de rendre des décisions éclairées et proportionnées.



